Les Larmes du PÉchÉ
- Détails
- Écrit par Planemaster
- Catégorie : Les Larmes du Péché
- Affichages : 197
Voici restitué ici le récit que Barachiel, Seigneur des Cieux, a fait sur l'Innomable auprés des héros :
« La Guerre Sanglante a fait plusieurs milliers, voire millions, de victimes depuis des millénaires alors qu’elle fait rage dans les plans inférieurs, mais aussi à travers tout le Multivers. Diables et démons se battent sans cesse depuis des temps immémoriaux afin de s’arroger le contrôle des plans inférieurs. Bien souvent ces ravages sont loin de beaucoup de gens et, à part pour les historiens, cela n’alimente pas trop les conversations.
Il y a deux raisons principales à cela :
Premièrement la Guerre Sanglante ne concerne directement que « très » peu de monde. A part les deux protagonistes des Abysses et des Enfers, personnes ne s’y intéresse personnellement ou bien est impacté par le conflit.
Deuxièmement les gens imaginent, à juste titre, que cela a été, est et sera, quoi qu’ils fassent et que cela garanti un équilibre millénaire, aucun des deux camps ne devenant du coup trop puissant.
Ce qu’ils savent moins c’est que parfois une de ces victimes de la Guerre Sanglante impact beaucoup plus les plans que l’on pourrait imaginer… »
Thauræl le Judicateur était un puissant Solar du Mont Céleste, un de mes commandeurs des légions du bien.
Il commandait la légion des Repenteurs, une unité spécialisé dans les excursions dans les plans où les légions de démons ou de diables menaçaient la paix et l’équilibre à cause de leur guerre sanglante, en particulier en Ysgard, en Achéron, en Pandémonium et en Géhenne. Comme l’une des nombreuses fois passée, Thauræl fût missionné un jour en Ysgard afin de détruire une armée de diables en train de ravager la Plaine D’Ida, car leurs adversaires premiers, les démons des Abysses n’avaient pas daigné se présenter sur le champ de bataille.
Le contingent de Thauræl détruit rapidement cette menace et tous les diables furent tués et leurs esprits bannis du plan afin qu’ils ne bénéficient pas de la résurrection du plan. Tous sauf un. Ou plutôt une. En effet Thauræl captura une fiélonne, une Erinye. Nommée Nimilline, elle devait être la messagère entre le général de l’armée des diables et Baator lors du conflit supposé qui devait se dérouler en Ysgard.
Nimilline implora la pitié alors que l’épée de Thauræl allait s’abattre sur elle, annonçant qu’elle n’était pour rien sur sa condition et qu’elle en était victime, esclave qu’elle était. Vérité ou mensonge, nul ne saurait le dire, néanmoins Thauræl, dans un geste de compassion, accorda un sursis à la créature et lui annonça qu’elle serait ramenée au Mont Céleste afin d’être jugée pour ses fautes et expiée de ses péchés afin de peut-être connaitre le chemin de la rédemption. Le Commandeur reparti donc avec sa prisonnière rejoindre le point de rendez-vous avec le reste de ses troupes pour repartir au Mont Céleste.
Tout aurait pu s’arrêter là, mais les mécanismes du Multivers sont souvent incompréhensibles et alors qu’ils se reposaient, les anges furent attaqués par une troupe de démons.
Cette troupe, dirigée par Naghodom, un démon serviteur du Prince Noir, ne s’était pas rangée au côté de leur général qui avait décidé d’attendre avant de se rendre en Ysgard pour affronter les diables. Faisant scission ils débarquèrent sur Ysgard peu de temps après que leur adversaire premier fut massacré par les devas. Les démons furent excités en voyant le champ de bataille et décidèrent à leur tour d’en profiter et se mirent en chasse, à la poursuite des devas. Ils leur tombèrent dessus par surprise, avec force et furie, prêt à savourer le carnage. En quelques minutes les anges perdirent plus des deux tiers de leur troupe, et le reste se fit déborder rapidement.
Thauræl tua de nombreux démons avant de s’effondrer, mourant. Nimilline profita du chaos ambiant pour s’échapper. Elle trouva un endroit pour se réfugier.
Lorsque Thauræl tomba sous les coups il vit la fiélonne cachée sous un rocher mais n’en laissa rien paraitre. Le combat se déplaça un peu et au moment où Nimilline allait sortir pour définitivement s’échapper, un des démons, déjà en train de faire les poches des anges, lui tomba dessus.
La lutte fût brève et rapidement Nimilline dû se soumettre, se préparant au pire, et ce n’était visiblement pas la mort… C’est alors que la tête du démon roula, coupée par l’épée de Thauræl, qui dans un dernier sursaut, empêcha un tel crime, quel que soit la créature qui le subit, fusse-t-elle mauvaise.
Nimilline fit alors un des gestes les plus incompréhensible de cette histoire : Elle prit Thauræl sous le bras et le traina jusqu’à une anfractuosité rocheuse et ils s’y cachèrent jusqu’à ce que les démons, repu de leur massacre, repartent vers d’autres carnages. Pendant plusieurs heures, alors que le Solar agonisait, Nimilline resta cachée avec lui, apeuré qu’elle était que les démons lui tombent dessus une nouvelle fois.
C’est lorsque le petit matin arriva que le destin de l’Erinye et du Solar changea définitivement. Ils se réveillèrent dans les bras l’un de l’autre et la stupéfaction, teinte de désir, de compréhension et d’empathie les saisirent. Ils se regardèrent longuement et il passa au travers de leurs yeux bien plus que toutes les conversations qu’ils auraient pu avoir.
C’est alors qu’un tumulte venu de plus loin les rappela à la réalité : on était en train de se battre non loin de là.
Complétement rétabli, Thauræl sorti et découvrit une nouvelle scène de bataille entre ses devas et les démons. Car voilà la force du plan D’Ysgard, tous les combattants morts au combat sur le plan dans la journée se réveillent le lendemain, ayant bénéficié d’une résurrection suprême. Thauræl chargea au cœur de la mêlée, sous les yeux affolés de Nimilline, à nouveau terrorisée qu’elle était par la vision des démons lubriques enragés.
Et elle eut bien raison d’avoir peur, car elle se fit capturée par un des démons, alors que ceux-ci se repliaient. Entendant les cris de Nimilline Thauræl vola à son secours, mais les démons étaient bien décidés à avoir un butin à partager et s’évertuèrent à l’en empêcher. Alors que Thauræl exhortait ses anges à venir l’aider il s’arrêta et, pour la première fois de sa vie, il fût assailli par le doute. Visiblement les devas n’étaient pas très enclins à l’aider elle, mais surtout à l’aider lui ! Il rappela qu’il était le chef de la patrouille et leur ordonna une nouvelle fois de poursuivre les démons. Il lut la perplexité dans le regard de ses compagnons. Certains émirent clairement des réserves sur l’intérêt de cette « mission ».
Ce fût quand les paroles ne furent plus suffisantes et qu’ils tentèrent de le retenir physiquement que la rage monta en Thauræl. D’un violent mouvement il envoya au tapis trois d’entre eux et les maudits d’avoir trahie leur foi -celle d’aider les faibles- et leur Commandeur. Thauræl se mit alors en chasse et retrouva rapidement les démons. Mais tout puissant qu’il était, il n’était pas de taille à les affronter tous. Et c’est sous les yeux effrayés et pleins de tristesse de Nimilline que Thauræl succomba une nouvelle fois et fût capturé.
Les reste de l’histoire est un peu plus flou à partir de là, en tout cas de ce que j’en sais…
Je sais juste que pendant plusieurs jours Thauræl fût torturé abominablement, le laissant quasi mort, et ramené au côté de Nimilline. A chaque fois l’Erinye prit soin du Solar et s’occupa de lui avec les très maigres moyens qu’elle avait à disposition. Parfois Thauræl succombait, mais le lendemain matin il se réveillait de nouveau en pleine possession de ses moyens.
Et il est établit qu’une idylle entre ces deux êtres était en train de naître….
C’est ainsi qu’au fils des semaines puis des mois de tortures Thauræl et Nimilline entreprirent une relation amoureuse, de plus en plus charnelle. Lentement l’alignement du Solar dévia et de Loyal Bon, il devint un être Loyal neutre, de même que Nimilline était une créature neutre mauvaise, elle glissa vers une simple neutralité.
C’est quand Naghodom eu vent de paroles entre les deux êtres qu’il sut que son plan était arrivé à maturité : ils s’étaient promis l’un à l’autre, pour la vie !
La troupe et ses deux prisonniers se mirent alors en route pour les Abysses. Une fois arrivé dans les Abysses Naghodom se présenta, rampant, devant Graz’zt, le Prince Noir, Seigneur des quarante-cinquième, quarante-sixième et quarante-septième strates de Abysses. Il se repenti d’avoir désobéit à son général, mais jurant que c’était pour la cause toute dévoué de son Seigneur et Maitre, et qu’il avait un merveilleux cadeau à lui offrir.
Graz’zt, avant de châtier, est toujours prêt à recevoir un présent et accorda à Naghodom un sursis en attendant. Il fût très surpris et plus qu’agréablement, quand il vit l’Ange et l’Erinye. Graz’zt se délecta encore plus quand Naghodom lui raconta en détail l’idylle entre les deux êtres. Graz’zt était ravie et accorda son « pardon » à Naghodom et lui octroya même une promotion dans ses armées.
Graz’zt se mit alors en tête de pervertir le Solar afin d’en faire un serviteur dévoué qui pourrait lui servir dans sa future conquête des Abysses. Et quel trophée d’avoir un Solar déchu à ses côtés ! Il entreprit dans un premier temps de briser physiquement l’ange, à coup de torture, d’empoisonnement et de privations. Le corps de Thauræl ne devint plus qu’une forme rabougrie et déformé de ce qu’il avait été.
Ensuite il tenta de le briser psychologiquement et le meilleur moyen de l’atteindre était par le biais de l’Erinye. Elle fût magiquement charmée et Graz’zt fit en sorte que les deux amoureux se rencontrent et qu’elle le rejette.
Mais il fût grandement contrarié de voir que cela ne fonctionnait pas ! L’amour une fois de plus avait triomphé. La haine monta en lui quand il vit Nimilline étreindre amoureusement le Solar. D’autant que l’un comme l’autre avait jusque-là refusé de se soumettre et de rejoindre ses rangs. Graz’zt en eu assez de tout ce cinéma et décida d’y mettre un terme. Et de la façon la plus sanglante possible de préférence.
Il organisa alors un rituel des plus horribles, où la perversion et le sadisme atteindraient leur point culminant.
Nimilline fût mise à nue et attachée de la façon la plus dégradante possible sur une estrade et face à elle fût attaché Thauræl, dans son armure cabossée avec son épée et son bouclier. Il s’en suivit des jours de torture sur l’ange et de sévices sexuels sur l’Erinye. Thauræl ne put que contempler dans toute son horreur les démons lubriques en train de s’acharner sur Nimilline, lui arrachant cris de douleur et de désespoir. Nimilline, elle, voyait la haine, la rage et la souffrance emplir le regard de Thauræl. Enfin le corps de Nimilline fût brisé et ses dernières paroles furent pour Thauræl.
Le cri que poussa à ce moment-là Thauræl fût si puissant et empreint de douleur que tous les démons s’arrêtèrent un instant. Le corps de Nimilline fût finalement détaché et jeté dans une fosse commune, sous le regard perdu de Thauræl. Graz’zt se présenta alors devant l’ange et avec un rire sardonique lui présenta ses excuses, et le transperça de son épée à deux mains maudite. Il ordonna que le corps de l’ange soit jeté loin de son domaine. Le Corps de Thauræl fût amené jusqu’à la trois cents trente-troisième strate des Abysses, Les Landes de la Malédiction et du Désespoir, jeté dans un marais saumâtre de boue putride, le corps de Thauræl se vida de son énergie vitale, pendant que son esprit s’en allait lentement en pensant à Nimilline…
Cependant la haine et la rage de Thauræl le raccrochait inexorablement à la vie et dans un dernier soubresaut il maudit les démons, les diables, mais aussi les anges et implora quiconque pouvait l’entendre de lui donner une chance de se venger.
Et c’est là que la dernière pièce de l’engrenage de la Grande Roue se mit en place pour changer le Multivers.
Talona, la déesse mineure de la maladie et de la souffrance entendit l’appel de l’ange et se présenta à lui. En effet personne n’avait fait attention au fait que le marais en question n’était rien d’autre que le Domaine de la Déesse... Talona se réjouit de sa découverte et après avoir fait promettre à l’ange son honneur et son âme à la déesse, elle donna à Thauræl une partie de ses pouvoirs.
C’est à ce moment que Thauræl le Judicateur devint Thauræl le dessiccateur, Hérault de la Souillure.
L’ange déchu prêta serment solennel à la déesse et cette dernière, après lui avoir rappelé son devoir de propagation de la maladie partout dans le multivers lui autorisa à partir en quête de ses ennemis afin d’assouvir sa vengeance. Son corps décharné, horriblement muté et empoisonné secrétait des relents acides de pourritures fongiques. Maladies, pourritures, moisissures, parasites, pestilence et souffrance devinrent les supports de base des nouveaux pouvoirs de Thauræl le Dessiccateur Devenu un quasi-dieu Thauræl reforgea son armure, son arme et son bouclier souillé de la fange des marais méphitique de la strate de Juiblex. Il leur octroya maints pouvoirs et effets, dont un de résonnance particulièrement délétère et méphitique ainsi qu’une semi-conscience maléfique, issue de son esprit même. Pendant plusieurs années je n’entendis plus parler de Thauræl, pour nous il était tombé au champ d’honneur…et il tomba presque dans l’oubli.
C’est Juiblex, le premier, qui commença à recevoir des informations sur une créature étrange qui arpentait son fief, à priori entrainant une longue suite de créatures diverses. Juiblex n’est intéressé intrinsèquement que par le chaos et la destruction donc il ne tint pas vraiment rigueur du désordre semé dans sa strate. Mais il aurait dû, car au fil de mois Thauræl rassembla une vaste armée de vases, de limons, de démons souillés et de mort-vivants corrompus.
Thauræl mobilisa un soir toutes ses troupes et commença à remonter les strates des Abysses avec la ferme intention d’écraser de sa propre mains la trachée de Graz’zt. Démogorgon, le Seigneur des Abysses avait eu bien évidement vent des agissements de Thauræl et avait aussi eu l’information que Graz’zt était sa cible. Il décida donc de laisser Thauræl aller détruire son principal rival dans les Abysses, avant de s’occuper de lui. Voilà comment Le Solar déchu pu aussi facilement, et sans trop de résistance, traverser autant de strates. Ce fût néanmoins une erreur tactique de la part de Démogorgon.
Premièrement à chaque strate franchie par Thauræl son armée grossissait, et pas que de menu fretin, parfois de puissants démons.
Deuxièmement les informations de Démogorgon étaient incomplètes : certes Thauræl voulait tuer Graz’zt, mais il voulait également éradiquer les démons, les diables et les anges. Mais ça, nous ne le saurions que bien trop tard…
Enfin le Seigneur des Abysses était loin d’imaginer que la haine et le désir de vengeance de Thauræl était aussi puissant et qu’il faisait des choses qu’un esprit réfléchit et sain -même retors- n’aurait pu prévoir. C’est ainsi qu’en quelques semaines Thauræl se présenta en Azzagrat, fort de près d’un million de créatures et commença le siège de Zélatar, la capitale du royaume de Graz’zt.
Thauræl réclamait la tête de Graz’zt et promis carnage et souffrance si il ne lui était pas livré. Bien évidemment les démons rirent à gorge déployé et renvoyèrent d’un revers de main la demande de Thauræl et lâchèrent ensuite leur troupe. C’est après plusieurs jours de lutte et de massacre que les généraux démons qui défendaient la cité se décidèrent à reconsidérer la demande de Thauræl et demandèrent un cessez-le-feu avec une entrevue.
Thauræl se présenta seul au conciliabule au grand étonnement des généraux, beaucoup furent saisit de terreur. Un en particulier, car Naghodom était parmi eux. Thauræl n’avait pas oublié ce démon et le hurlement de rage qu’il poussa pétrifia même le plus puissant des tanar’ri alors qu’il abattait son épée sur la tête de Naghodom. La lame de l’épée de Thauræl encore souillée du sang du démon, le Solar déchu mis un genou à terre et se mit à pleurer. Les démons, interloqués ne surent quoi faire. C’est un des aides de camp du Seigneur-Général démon qui comprit qui était Thauræl.
Il utilisa toute la diplomatie possible pour avouer à Thauræl qu’ils ne pouvaient accéder à sa requête car Graz’zt était parti faire la guerre dans un autre plan, avec une partie de son armée. Visiblement la réponse ne plut pas du tout à Thauræl mais avant qu’il puisse faire ou dire quelque chose l’aide de camp proposa un échange : contre une « paix » entre la cité et le Solar déchu, il lui proposait de mettre tout en œuvre pour que les démons lui rendent la dépouille de sa bien-aimée. Chose impossible s’il décidait de raser la ville.
Alors que l’image du Solar et de l’Erinye revenait en tête de la plupart des généraux, certains ayant même participé à la cérémonie, Thauræl se releva. Il ne s’attendait pas à ça, que quelqu’un le reconnaisse et lui propose une telle chose.
Il n’avait tout simplement pas pensé à récupérer le corps de Nimilline.
Thauræl accepta la proposition de l’aide de camp : il donna neufs jours aux démons pour lui ramener la dépouille de Nimilline. Il demanda aussi la tête des démons ayant participé à la cérémonie et qui avaient à présent des postes importants, ainsi qu’un butin équivalent à un million de pièces d’or provenant uniquement des biens propres de Graz’zt.
Les démons acceptèrent à contrecœur mais ils y furent obligés, car en plus de la menace de Thauræl leurs espions avaient identifié que les yeux de certains ennemis de Graz’zt étaient également tournés vers eux, en particulier ceux de Démogorgon. C’est au bout du sixième jour que les démons apportèrent la dépouille de Nimilline, ainsi que les deux autres butins demandés : un chargement pour un million de pièces d’or et vingt-sept têtes de démons.
Thauræl étreignit pendant plusieurs heures le corps de son amour perdu en pleurant et maudissant le monde, car bien sûr, pour l’Erinye, aucune résurrection n’était possible. Pendant les jours suivants, alors que les démons attendaient nerveusement qu’il s’en aille avec son armée, Thauræl construisit un sarcophage pour sa bien-aimée. Un hallucinant mélange de beauté baroque et de laideur souillée où pierres précieuse étaient mélangées avec des os et de la rouille, et où l’or et l’argent était assemblé avec une sorte de mucus pestilentiel et de bois rongé par les moisissures. Une fois terminé le dernier sanctuaire pour l’Erynie Thauræl leva le siège de Zélatar et non sans avoir demandé où était Graz’zt, parti avec ses troupes à sa rencontre.
Ainsi Thauræl débarqua en Pandémonium sur les traces de Graz’zt. Le prince démon était en train d’affronter une horde de diable dans une des multiples cavernes gigantesques du plan. Les deux armées furent surprises de voir un nouvel adversaire qui ne faisait aucune différence entre démon ou diable. La percée des troupes de Thauræl au cœur de l’armée démoniaque fut brutale et rapide. Graz’zt dû user de tout son pouvoir sur ses troupes pour éviter leur éparpillement et la dislocation de son armée. Les Diables ne purent même pas tirer avantage de la déconfiture des démons, eux-mêmes submergés qu’ils étaient par la horde de Thauræl.
Thauræl chargea au cœur du commandement démon, ciblant sans aucune retenue sa rancœur ultime : Graz’zt. Ce dernier laissa ses généraux se faire massacrer le temps qu’il lance un « changement de plan » et s’échappa, à la plus grande colère de Thauræl. Il s’en suivit des jours de carnage : démons, diables, puissants, faibles, vermines, morts-vivants, vases… Tout y passait. A chaque fois les corps étaient corrompus et souillés par la maladie et la pourriture pour être intégré à l’armée de Thauræl. En onze jours l’armée du Solar déchu avait doublé pour atteindre près de deux millions de soldats.
La nouvelle d’un nouveau Seigneur-démon bottant les fesses de Graz’zt arriva jusqu’à moi et, des premiers rapports que j’avais c’était une bonne chose. Thauræl établit alors son quartier général sur les cendres et les os du champ de bataille et après quelques semaines envoya à travers le multivers des éclaireurs afin de localiser Graz’zt.
Le prince démon était entre temps retourné dans son palais et avait appris de la bouche de ses serviteurs l’identité de son agresseur mystérieux. Graz’zt pris peur -à juste titre- pour sa vie et son pouvoir. Il se doutait que Démogorgon ne lèverait pas le petit doigt pour l’aider si Thauræl revenait. Graz’zt entrepris alors de se cacher, le temps de trouver la faille qui pourrait lui permettre de vaincre cet adversaire.
De ce fait les agents de Thauræl n’arrivaient pas à trouver des indices permettant de localiser Graz’zt. La rage de Thauræl se transforma petit-à-petit en frustration, puis en obsession et enfin en folie pure. Il se remit en marche avec sa gigantesque armée et entrepris de tout ravager sur son passage tant qu’il ne trouverait pas Graz’zt. De nouveau, démons, diables, yugoloth mais aussi anges, planaires, primaires, tout ce qui croisait la route de Thauræl finissait par être tuer et étoffer les rangs de sa horde.
Pendant plusieurs mois les plans inférieurs, mais aussi à de rare occasion d’autres plans furent écumé par la horde de Thauræl.
Pour le reste je suis plus sûr de moi… Vous savez que j’y ai participer…
La horde de Thauræl se retrouva prit entre une armée de démons, une armée de diables, une armée yugoloths et mon armée sur le plan des Carcères. Les fondements même du Multivers tremblèrent sous le choc de notre rencontre. La horde de Thauræl fût finalement vaincue et le Solar déchu se retrouva face aux généraux des différentes armées.
Et ce n’était pas des moindres. Face à Thauræl se trouvait, Démogorgon le prince des démons, Seigneur des Abysses Asmodée, Seigneur du neuvième et du Prince Ultroloth Mydianchalrus et moi-même, Barachiel le messager, représentant et Commandeur en chef de l’armée des anges.
La Folie de Thauræl ne lui permis pas d’appréhender le fait que le combat était perdu d’avance et il nous chargea avec férocité. Malgré notre puissance nous eûmes beaucoup de mal à vaincre Thauræl. Quoiqu’il en soit Thauræl fût finalement vaincu. Nous nous sommes alors regardé sans parler pour arriver à la même conclusion : Il ne fallait pas que Thauræl revienne, tout être divin qu’il était.
Nous avons décidé, comme vous le savez, de disperser ses restes, son équipement compris à travers le multivers afin que personne ne puisse les retrouver et entamer un rituel de résurrection. Car mêmes nous, nous n’avons pas le pouvoir de détruire définitivement un Dieu.
- J’ai pris le heaume, les jambières, le plastron, et le gorgerin.
- Asmodée prit l’épée, les bottes, dont je sais qu’elles ont été récupérées par vos ennemis. Ensuite il récupéra le sang de Thauræl dans une fiole, et la manifestation de sa force.
- Démogorgon prit la ceinture, le bouclier. Il entreprit alors de récupérer le cœur et les os du corps de Thauræl.
- Enfin Mydianchalrus prit la cape et les ailes. Il s’empressa alors de s’approprier l’âme et l’esprit de Thauræl.
Nous entreprîmes également de décimer le reste de ses armées et une fois les différents éléments récupérés dispersés à travers le Multivers nous nous évertuâmes à effacer toute trace de son existence, dans les livres, les mémoires et les faits.
Ainsi pris fin l’existence même de Thauræl, un champion déchu, au nom de l’amour… Mais il est un fait que personne n’avait pensé à prendre en compte : le Multivers est régi par la Loi et le chaos et le temps dans un subtil équilibre.
En ce qui concerne la Loi, elle doit être appliquée à chaque fois qu’elle doit l’être.
En l’occurrence tous ces événements, en particulier la fin de Thauræl et la dispersion de ses restes fût relaté par un Inéluctable du nom de Mésozéphere dans un Parchemin Noir d’Ahm. Même si l’Inéluctable savait que ces connaissances impies feraient mieux d’être oubliés, la Loi lui imposait de le faire.
C’est donc ainsi qu’il y a eu possibilité de tomber sur un de ces parchemins qui vous a permis de déterrer toute cette histoire.
Et de mettre à nouveau en péril le Multivers…
- Détails
- Écrit par Planemaster
- Catégorie : Les Larmes du Péché
- Affichages : 292
Les Carcères
Il y a des biges qui disent que Sigil est une cagette, une prison, et d'autres qui ne s'en rendent même pas compte. Mais ils n'ont jamais vu les Carcères. Ça, c'est une prison. Sigil est un temple, comparé à ce plan que les primaires mal dégrossis appellent le Tartare. Les Carcères sont une terre d'exil, un endroit où les bannis, les vaincus et les tyrans déchus ne cessent de revivre leur défaite et de préparer leur retour triomphal. Les Titans de l'Olympe sont les plus connus de ces exilés. Dans la Guerre Sanglante, les Carcères servent de casernements et de champs de bataille aux armées stupides des gehreleths.
On qualifie ce plan de sextuple parce que ses six strates sont rangées comme les petites poupées dites "russes" sur un monde primaire. Chacune étant parfois égale à la strate qui la contient, est immense, voire infinie, et génère sa propre lumière, semblable à la lueur rougeâtre d'un scarabée de feu. Cette illumination n'émet aucune chaleur, si bien que les strates des Carcères ont un climat qui va du froid au glacial. Les suppliants consignés sur ce plan ont souvent, de leur vivant, été des traîtres, des assassins et autres âmes aux ambitions discutables. Même s'ils ne se rappellent rien de leur vie passée, ils retombent toujours dans les mêmes ornières. Aucun suppliant des Carcères ne dira jamais la vérité. Il mentira à l'envi, et non sans astuce.
Indigènes. Achaïeraïs, démombres, diablotin gehreleths, hordelins, larves, méphites, paleffrois, quasits, titans majeurs et vargouilles habitent les Carcères. On y trouve bon nombre d'autres créatures des Plans Inférieurs, notamment des traînards ou des égarés des troupes de la Guerre Sanglante. On y croise les armées des tanar'ris, et des tanar'ris majeurs viennent recruter des gehreleths. Souvent, ces monstres stupides acceptent de les suivre, avides qu'ils sont de répandre mort et destruction sur leur passage. Les titans majeurs, que leur fierté pousse à refuser de s'abaisser à de telles pratiques, gardent leurs distances, mais s'efforcent parfois de manœuvrer les généraux tanar'ris afin que ceux-ci les aident à s'évader. Il paraît enfin que deux divinités des Royaumes Oubliés, Malar et Talona, vivent ici.
Les strates
Othrys. La strate extérieure des Carcères accueille la plupart des titans exilés : Coeos, Crios, Cronos, Hypérion, Japet, Mnémosyne, Océan, Phoebe, Téthys, Théa et Thémis. Elle était jadis reliée à l'Arborée, mais lors de la guerre qui a causé la ruine des Titans, Zeus et les puissances alliées avec lui ont pris leurs ennemis au piège en brisant ce lien. Othrys est un royaume de marécages infestés de sables mouvants, arrosé par le Styx et ses affluents. Le palais de Cronos, très ancien, aurait grand besoin de réparations, mais la pierre noble utilisée pendant sa construction fait cruellement défaut sur le plan.
Cathrys. On sait peu de choses de ce royaume rempli de jungles fétides et de plaines écarlates. Les déplacements y sont périlleux, car les végétaux exsudent une sève acide qui dévore aussi bien le métal que la chair. Les créatures qui vivent là y sont immunisées.
Minéthys. C'est une strate remplie de sable abrasif qui, si le vent le pousse en tempête, peut nettoyer une créature jusqu'à l'os en l'espace de quelques heures. Tous ceux qui vivent ici, à l'exception des puissances, s'emmitouflent dans des ballots d'étoffe et de chiffon pour se protéger. Les tornades sont monnaie courante et, pour s'en préserver, la plupart des suppliants n'ont que la ressource de vivre dans de malheureuses fosses pleines de sable, creusées à la main. C'est ici que Coeos a son palais.
Colothys. Cette strate est une de ces montagnes plus gigantesques que celles du Plan Primaire. Voyager à pied est quasiment impossible, car le terrain est creusé de canyons de plusieurs kilomètres de profondeur. Les rares routes existantes les franchissent sur des passerelles branlantes ou suivent le flanc des falaises en corniches étroites à peine suffisantes pour un marcheur solitaire. Les villages des suppliants se nichent dans des failles, et Crios a sa citadelle sur un des plus hauts pics du royaume. Il est en guerre incessante avec Grolantor, le dieu des géants des collines, qui s'est attaché par la terreur les services du gehreleth Shator.
Porphatys. Cette strate est un océan froid, peu profond, alimenté par la fonte d'une neige noire. L'eau et la neige sont légèrement acides, ce qui inflige des dégâts réguliers au voyageur non protégé. Des îlots, guère plus que des bancs de sable, s'élèvent au-dessus du niveau des vagues. Le titan Océan a là son palais, à moitié englouti. Des suppliants affamés grouillent sur les petites îles.
Agathys. La strate la plus froide de tout le plan n'est qu'un orbe de glace noire striée de rouge. L'air glacial inflige des dégâts par brûlure du froid de façon régulière. Les suppliants sont pris dans la glace. Rien d'autre ne vit ici.
- Détails
- Écrit par Planemaster
- Catégorie : Les Larmes du Péché
- Affichages : 236
La Géhenne
"Les quadruples fourneaux et les terribles feux..." Le poète épique Ioléuf avait vu la Géhenne avant d'écrire ce vers, on peut en être certain. Ici, les volcans flottent dans le vide, crachant leurs geysers de magma sur leurs pentes stériles incrustées de lave, des vapeurs sulfureuses sourdent des fumerolles et des gaz putrides dérivent en nuages mortels - pas tout à fait le genre d'endroit où un bige a envie d'emmener sa jolie poupée.
La Géhenne ne s'oublie jamais. C'est le seul endroit du multivers où un matois verra des montagnes aux deux sommets opposés (l'un en haut, l'autre en bas), montagnes qui ne sont que falaises noirâtres, rivières de vapeur et jets de lave. Le seul où la roche même est source de lumière, si on peut appeler lumière cette lueur d’une écarlate fiévreuse. Sur ces pics, rien n'est plat, rien n'est vert, rien n'est aisé. Ces volcans ne bougent pas, ils restent immobiles dans le néant, mais parfois ils tremblent, sous l'effet d'une éruption particulièrement violente. Les suppliants doivent s'accrocher à ces pentes, sous peine de tomber dans l'oubli. Et ils s'accrochent à leur frêle perchoir, à leur petite existence, en prétendant que rien n'a changé, qu'ils ont toujours habité ici. La désolation de leur contrée les a rendus avares et suspicieux, au point qu'aucun d'entre eux ne fait jamais rien sans un paiement quelconque. Il faut payer les guides, acheter les réponses, compenser l'aide apportée par des inconnus. La charité n'existe pas. Même l'idée s'en est perdue.
Conditions naturelles spécifiques. Il n'y a aucun endroit plat sur les montagnes. Si jamais un voyageur perd l'équilibre, il dévale la pente jusqu'à ce qu'il puisse saisir une prise au passage ou qu'un obstacle l'arrête. Les dégâts équivalent à ceux d'une chute moitié moins longue. La surface brûlante du Khalas inflige des dégâts périodiquement faute de protection, celle du Chamada aussi, la neige acide du Mungoth inflige des dégâts moins rapidement (mais les tempêtes durent parfois des heures), et enfin le froid absolu du Krangath peut-être rapidement mortel.
Conditions magiques spécifiques. Dans la Géhenne, les sorts de l'école d'Enchantement/Charme sont affaiblis, tandis que ceux de l'école d'Invocation/Evocation sont renforcés.
Indigènes. Vaporighous et yugoloths sont natifs de ce plan, mais on y rencontre souvent des diablotins, des quasits, des baatezus renversés et des tanar'ris exilés. Sargonnas (du monde de DragonLance) et Loviatar (des Royaumes Oubliés) vivent également ici.
Les strates
Le Khalas. La plus douce des strates cruelles de la Géhenne, le Khalas, le Premier Mont, est reliée au Plan Astral. L'air est écarlate près du sol, et devient noir à quelques mètres de hauteur. Plus haut, Chamada brille telle une lune sanglante, illuminée par des fontaines de lave et de feu. Des torrents, embrumés par la vapeur qui naît du passage de l'eau sur le sol brûlant, dévalent les pentes du Khalas sans jamais atteindre le pied du mont : soit ils s'évaporent, soit ils disparaissent dans des grottes obscures. Le Styx, le plus important de ces fleuves, avec ses cascades de plusieurs centaines de mètres de haut, serpente parmi les cavernes luisantes des entrailles du Khalas, où se trouve le Palais de la Larme, la résidence de Sung Chiang.
Le Chamada. La Deuxième Montagne est la plus terrible des quatre. Le sol brille d'un tel éclat orangé dû au magma que le ciel paraît ténébreux en comparaison. Des rivières de lave dégringolent ses pentes, durcissent, forment des barrages et se précipitent dans d'autres directions. Des failles s'ouvrent brusquement pour cracher de nouveaux jets de lave, des volcans fleurissent tels des bubons. L'air empeste le poil brûlé, la chair calcinée et le soufre.
Le Mungoth. La Troisième Montagne subit l'assaut constant des cendres et des neiges acides qui ne cessent d'y pleuvoir. Le sol est froid, et seuls quelques rares volcans émettent une lueur à peine suffisante pour éclairer les pas du voyageur menacé à chaque détour du sentier par des avalanches de boue glaciale.
Le Krangath. La Quatrième Montagne est un royaume mort. Les feux sont tous éteints, la montagne ne frissonne même plus, tout n'est que glace et ténèbres. Rien ne vit sur la croûte gelée dont les profondeurs, dit-on, abritent le royaume de Shargaas, le dieu orque, Seigneur de la Nuit.
- Détails
- Écrit par Planemaster
- Catégorie : Les Larmes du Péché
- Affichages : 280
Baator
Nous y voilà - l'Abîme, les Neuf Enfers, le Feu Éternel, les Infernaux Séjours, la Sombre Demeure... Ce plan porte plus de noms qu'il n'y a de mondes primaires et abrite les êtres les plus puissants, les plus dangereux et les plus maléfiques qui soient : les baatezus, maîtres absolus de Baator où la hiérarchie rigide à laquelle ils adhèrent tous sans restriction définit les conditions d'existence. Les suppliants les plus vils y sont envoyés changés en larves, des sortes de vers qu'on rencontre dans tous les Plans Inférieurs, mais tous ces pauvres hères subissent des tourments éternels aux mains des baatezus, car ils ne peuvent pas vraiment mourir sous la torture.
Leurs corps brisés, calcinés, ensanglantés, se reforment en l'espace d'une journée et tout recommence. Les suppliants acceptent leur châtiment dans l'espoir d'un avancement qui leur permettra un jour d'en torturer d'autres.
Conditions magiques spécifiques. Le côté loyal de Baator affaiblit la magie entropique.
Indigènes. Baatezus, chats sataniques, chiens sataniques, diablotins, larves, hordelins et simpathétiques tiennent tous Baator pour leur foyer. Au sein de la hiérarchie des plus strictes qui règne ici, les baatezus supérieurs se battent sans cesse, chacun tâchant de renverser ses rivaux pour devenir le maître absolu. Takhisis, du monde de DragonLance, réside sur ce plan, même si les béjaunes de Krynn la croient sur les Abysses.
Les Strates
L'Averne. Traversé par le Styx, ce champ de rocaille qui s'étend sous un ciel sans étoiles d'un rouge sombre est éclairé par les sphères de feu qui y sinuent en lançant parfois des tentacules ignés. De féroces légions, prêtes à tout pour repousser les intrus, parcourent cette plaine dévastée. Cette armée répond aux ordres de Bel, un diantrefosse toujours désireux de plaire à l'archiduc infernal. C'est Tiamat, la Reine des Ténèbres, qui garde l'entrée de la strate inférieure.
Dis. Les murs noirs et fumants de Dis, la Cité de Fer dont cette strate porte le nom, escaladent un ciel d'un vert cendré et ses ruelles étroites s'étirent à perte de vue. Les suppliants condamnés effectuent des labeurs inutiles - une équipe détruit un bâtiment aussi vite qu'une autre l'érige, le tout sans outils. Le fer brûlant calcine la peau et les rues résonnent de cris de douleur. L'archiduc de cette strate gouverne la Cité de Fer depuis sa tour de pierre et de plomb.
Minauros. Voici la strate de la cupidité. Des pluies nauséabondes, des tempêtes de neige huileuse ou des averses de grêle coupante la balaient sans cesse. Exception faite des crêtes de verre volcanique qui serpentent au travers du paysage, tout n'est que marécages. La seule ville, Minauros la Naufragée, bâtie en pierre noire, s'enfonce peu à peu dans la fange. Les suppliants envoyés par les fiélons sur les marais sans fonds, en quête de pierres toujours plus rares pour renforcer les structures de la ville, ne s'y noient que pour refaire surface, une fois décomposés, dans une nuée de bulles qui répandent des maladies dans l'atmosphère.
Phlégéthos. C'est le royaume légendaire du feu, rempli de rivières de lave et de cratères. On n'y fait guère la différence avec le plan du Feu. La seule ville, c'est Abriymoch, bâtie dans la caldeira d'un volcan presque éteint.
La Stygie. C'est le royaume de la glace, un océan gelé, même s'il reste de l'eau à l'état liquide là où coule le Styx. De part et d'autre du fleuve, les petites plantes qui poussent créent un marécage glacial. Des éclairs déchirent le ciel. Tantlin, une cité revêtue d'une mince gangue de glace, se dresse sur la banquise.
Malbolge. Cette strate n'est qu'un gigantesque éboulis dépourvu du moindre sentier. Le voyageur doit se frayer un passage dans les corridors et les tunnels que forment les entassements d'énormes rochers. Des nuages de vapeur rouge dérobent le ciel. On ne voit pas de villes sur cette strate, mais des forteresses revêtues de cuivre ont été érigées à même la roche instable.
Maladomini. C'est une plaine de ruines. Sous un ciel noir comme du sang séché, les suppliants taillent, sculptent et construisent de nouvelles cités pour l'archiduc de cette strate. La terre, autrefois fertile, arbore les cicatrices des puits de mine, des amas de scories, des canaux pleins d'une eau saumâtre et des ruines abandonnées. On empile les cités les unes sur les autres, mais seule Malagarde, la plus récente, se situe en surface. Les nombreux souterrains sont si étendus que les fiélons mineurs craignent ce qu'ils recèlent.
La Canie. Cette strate est pire encore que la Stygie. Le climat et ses effets y sont les mêmes que sur le plan de la Glace. D'énormes glaciers rongent les montagnes déchiquetées qui les enserrent. L'archiduc règne depuis sa citadelle de Méphistar, qui surplombe le glacier du Nargus.
Le Nessus. La strate la plus profonde de Baator est une plaine griffée de crevasses plus profondes que des fosses océanes. En son point le plus bas se trouve le palais du seigneur de Baator, une citadelle plus vaste encore que Khin-Oïn sur la Gaste Grise. On n'en connaît ni plans ni descriptions, ce qui ravit son fiélon de maître. La citadelle se dresse sur la rive d'un lac de glace fluide qui alimente le Léthé. Tout ici n'est qu'extrêmes - les blizzards les plus glacials, les brasiers les plus ardents, les falaises les plus escarpées, etc.

