Si le nom de cette guitoune ne suffit pas à donner à un matois une idée de l’ambiance qui règne àl’intérieur, le tieffelin qui garde la porte y parviendra probablement. Personne ne pénètre dans cette tavernesans connaître le mot de passe, qui change souventd’un jour à l’autre (bien sûr, le seul mot de passe qui ne change jamais est « jonc », celui avec lequel on graisse la patte du portier, par exemple). Une fois àl’intérieur, un péquin est obligé de se rendre comptequ’il se trouve dans une taverne pour fiélons. La salle commune est sombre – pas pourvue d’un doux éclairage romantique, mais complètement obscure. Lalumière d’une unique bougie se reflète dans lesbouteilles. Des voix chuchotent dans le noir ; des yeux luisent d’une lueur malsaine ; et un matois sentparfois le contact froid d’une peau ophidienne.