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Catégorie : Les Larmes du Péché
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Ici, enfin, un matois pourra se sentir en sécurité. Les suppliants ne s'occuperont pas de lui non plus, car en Bytopie (que les primaires ont l'amusante habitude d'appeler les Paradis Jumeaux), sauf en cas de besoin, on vous laisse tranquille : selon les circonstances, chacun aide l'autre ou respecte son besoin de solitude. Une contrée éminemment fréquentable...

Son nom décrit très bien ce plan - deux strates remplies de montagnes, de ruisseaux, de forêts, de prairies et de tout ce qui compose un paysage naturel. Même si on est loin de l'ordre parfait qui prévaut en Arcadie, la Bytopie n'a rien non plus de l'étendue sauvage des Terres des Bêtes. Les deux strates sont semées de villes où les âmes travaillent dur, ainsi que de petites cités-États. Cet ensemble de communautés est soudé par le passage des caravanes et des négociants qui les visitent.

La caractéristique la plus étonnante de ce plan, c'est qu'un matois peut lever les yeux et voir l'autre strate par-delà le ciel qu'elles partagent. Les plus hautes montagnes des deux strates se touchent, ce qui fait qu'on les prendrait plutôt pour des piliers, comme il s'en forme si une stalactite et une stalagmite se soudent. Le jour et la nuit sont fonction de l'éclat du ciel. À la tombée du soir, les étoiles qu'on y aperçoit sont en fait les feux et les lumières des communautés de l'autre strate.

Les suppliants de la Bytopie sont industrieux à l'extrême. En vérité, c'est leur travail qui définit leur existence. Ils estiment que chacun doit exercer une activité normale et honnête. Ceux qui s'en abstiennent, pour quelque raison que ce soit, sont instables, voire maléfiques. Une vie d'aventure, ce n'est pas une activité normale ; quant au vol, c'est une abomination pure et simple. Personne ne fait la charité, mais chacun est juste : un matois désireux d'obtenir la nourriture et le logement pour la nuit se verra sans doute offrir une hache et désigner la pile de bois de chauffage - histoire de transpirer un peu avant le dîner.

Conditions naturelles spécifiques. Pour passer d'une strate à l'autre, le voyageur doit gravir une montagne et descendre l'autre. C'est assez périlleux au point précis où la gravité s'inverse, mais on s'y habitue. On peut aussi traverser le ciel en volant, mais il faut prendre garde à ne pas tomber quand, soudain, le haut devient le bas.

Indigènes. Ici vivent animaux normaux, bakus, ailéphants et sylvaniens. Le titan stupide Épiméthée erre dans la contrée et peut, par mégarde, créer des problèmes. Ce plan accueille aussi Kiri-Jolith (du monde de DragonLance) et Ilmater (des Royaumes Oubliés).

Les Strates

Dothion. Cette strate-ci se voue à l'industrie pastorale. Ses vastes forêts accueillent chasseurs et forestiers, ses prairies bergers et fermiers, ses rivières pêcheurs et bateliers. Les bourgs sont de petites communautés agraires qui vivent en autarcie ; chacun dispose de son propre conseil et de sa propre milice. Le plus grand est Franc-tenant, une véritable ville commerçante. Dothion abrite le plus clair du panthéon gnome, le dieu le plus puissant étant ici Garl Brilledor. Le royaume des divinités gnomes se reconnaît à ses forêts profondes, à ses grandes taupinières, à ses arbres intelligents et à ses foules de suppliants gnomes. Les créatures des bois sont des animaux ordinaires, pareils à ceux qu'on trouve dans les régions tempérées d'un monde primaire, mais plus grands et plus curieux. Les saisons, peu marquées, sont cependant perceptibles.

Shurrock. L'autre strate de la Bytopie est une contrée plus rude, où les tempêtes sont fréquentes. On y voit aussi davantage de montagnes, que l'abondance de minerais et d'eau courante rendent attrayantes aux yeux de certains. Les terres arables sont aussi rares que les forêts sont profondes. On pratique l'artisanat et de l'industrie. Les activités les plus courantes sont la mine, la fonderie ainsi que l'extraction et la taille de pierres. Les villes, où les moulins tournent, où les pompes grincent et où les forges crépitent, sont de véritables fourmilières. Pourtant, il n'y a aucune usine. Chaque travailleur possède sa propre échoppe ou appartient à une sorte de coopérative informelle - c'est un monde préindustriel.